Court terme ok pour long ? Long terme ok pour court ?
Le 02/05/2026
En s’inscrivant sur une application de rencontre, on nous demande de définir nos intentions sur notre profil, entre diverses propositions, : une aventure d’une nuit, quelques nuits, le fameux Je ne sais pas, jusqu’à la relation sérieuse.
Très facile à indiquer… en apparence. Mais face à un choix aussi vaste, la simplicité devient presque aussi compliquée que de démêler ses écouteurs.
La majorité du temps, même si l’hésitation est présente, deux choix s’imposent : rien de sérieux ou la relation amoureuse.
Les autres nuances proposées censées refléter une ouverture d’esprit, viennent surtout embellir les choses, et contourner le vrai enjeu. Au final, elles donnent une illusion de choix… mais réduisent parfois, paradoxalement, la possibilité même de la rencontre.
De premier abord, une personne souhaitant retrouver l’amour, va l’afficher clairement. “Relation sérieuse”, “quelque chose de stable”, “du long terme”. Tout est là, noir sur blanc.
Il s’avère que ce ne sera pas pris forcément pris au serieux.
En effet très vite, la question fatidique revient, comme un réflexe : “Que recherche tu?” Comme si ce qui était écrit ne suffisait pas. Le fait de devoir se justifier en permanence ne reflète-t-il pas, au fond, un manque de sincérité chez certains ?
Swiper à droite, une personne qui a affiché relation sérieuse est censé vouloir dire : OK on partage la même vision. Alors que bien souvent, ces deux mots sont traités comme un mail reçu à 16h55 un vendredi après-midi.
L’individu lambda, qui en a clairement rien à cirer de nôtre vision projète son idéal sur l’autre. Alors si la conversation est crée : C’est le jackpot ! Au début, les messages s’enchaînent : “Alors, ce voyage en Italie, incroyable non ?” “Trop bien le tennis, tu m’apprends ?” 😏Et là, emballement. C’est pas trop tôt, car les “salut ça va ?” des 10 conversations précédentes commençaient sérieusement à nous fatiguer.
Le répondant nous intrigue. Sauf que le drame apparait, car sous cette répartie cachée, apparait un rapport de force. La vision d’une relation “casual”, s’impose, car pourquoi aussi pourquoi vouloir du sérieux alors qu’on peut juste chill à deux ? Donc oui ce qui était bien mentionné au départ passe vite au second plan. Et ça en devient decevant. Parce que, bien souvent il y’en a un qui s’adapte plus que l’autre. Un qui plie, pendant que l’autre reste sur ses positions.
Et c’est là que beaucoup se piègent. On peut avoir tendance à croire qu’avec le temps, avec l’échange ça peut évoluer en nôtre faveur. On se sent un peu spécial. On se dit que le feeling prime. Qu’un “je ne cherche rien de sérieux” peut devenir autre chose. Mais bien souvent, non. On ne peut changer quelqu’un qui s’est entété à nous imaginer dans son lit ou ailleurs (selon les envies).
De premier abord “je ne sais pas” renvoie à l’idée de quelqu’un qui ne se prend pas la tête, qui souhaite avant tout découvrir l’autre personne, de créer un feeling, afin de voir ce qu’il pourrait se passer par la suite. Et c’est très bien ! de rendre cette recherche plus “légère”, en se laissant guider par la vibe.
Toutefois cela n’est pas représentatif de la réalité. Indiquer cette préférence, a été a été adoptée par les mauvais acteurs voulant dissimuler leurs réeles intention. Pourquoi ? Parce que ça augmente les chances de matcher.
“Je ne sais pas” donne envie, laisse une ouverture. L’hypocrisie permet d’être mieux accepté, de s’adapter à l’autre… tout en lui faisant croire qu’on se ressemble un peu.Afficher clairement rien de serieux, ou juste un plan demande une vraie assurance.
En effet il faut affirmer sa volonté vis à vis des personnes sentimentales, d’ailleurs ça permet de contourner le risque de passer pour un charo et de subir le jugement social. La réalité ? Dans la majorité des cas, ne rien vouloir de sérieux prime, et derrière le “je ne sais pas”, il y a souvent un petit peu… d’hypocrisie.
S’inscrire sur une appli de rencontre, c’est un peu le même effet qu’un samedi après-midi dans un centre commercial. Le choix est énorme, on ne sait plus où donner de la tête. On hésite, on compare, on teste… et très vite, on finit par tourner en rond dans les mêmes “rayons”. Et puis, la fatigue pointe le bout de son nez. Résultat ? On rentre chez soi en se disant : “OK, le samedi c’est fini”.
C’est exactement ce qui se passe sur les applis : trop de profils, trop de choix… et pourtant, on finit par cibler les mêmes personnes. Pourquoi ? Parce qu’en amont, on a pré-sélectionné selon divers critères : physique, personnalité, style de vie…
Toutes ces cases et préférences sont censées nous aider à trouver quelqu’un qui nous ressemble. Sauf que cette liberté initiale peut vite devenir un véritable blocage pour la rencontre spontanée.
Oui, choisir c’est renoncer, je sais.
Mais rencontrer quelqu’un n’est pas comme acheter un nouveau pyjama. On peut imaginer mille scénarios avec le mec ou la fille idéaux… et fermer la porte à toutes les autres personnes qui pourraient vraiment nous plaire.
Déjà qu’on juge sur les photos, sur l’esthétisme… ajouter des cases et des cases à remplir avant même la première rencontre, ça ne bloque-t-il pas la vraie rencontre ?
À force de vouloir contrôler l’issue, on empêche peut-être simplement l’histoire de commencer.Peut-être que le problème, au fond, ce n’est pas de ne pas savoir ce qu’on veut… C’est de ne pas laisser de place à ce qu’on n’avait pas prévu. Comment savoir en amont si avec cette personne ce sera juste un plan ou non ? À vouloir définir trop vite ce qu’on cherche, sérieux, léger, rien de compliqué, on finit par se priver de ce qui pourrait naître sans cadre.Ne rien mettre peut sembler flou, mal interprété, voire un peu hypocrite.
Mais à l’inverse, vouloir tout figer dès le départ… est-ce que ce n’est pas aussi une manière de se fermer aux possibilités ? Et si, à trop vouloir coller à nos idéaux, on empêchait simplement l’histoire de commencer ? En voulant à tout prix tout contrôler, on finit par ne vivre qu’à moitié. Et surtout, plus rien n’est spontané.
Peut-être que le problème, ce n’est pas de ne pas savoir ce qu’on veut. C’est de ne pas laisser la place à ce qu’on n’avait pas prévu.